PSG 0-1 OLL : On les a regardées dans les yeux (analyse)

PSG 0-1 OLL : On les a regardées dans les yeux (analyse)
Publié le : 02/02/2026 - 12:34

Au Parc des Princes, ils étaient 14 070 supporters à avoir répondu présent ce dimanche après-midi pour pousser les Parisiennes face à l’ogre lyonnais. Dans une affiche annoncée déséquilibrée sur le papier, le PSG a pourtant livré une prestation pleine de caractère, de courage et de promesses. Face à un effectif XXL, riche de stars internationales, les joueuses de Paulo César n’ont jamais tremblé. Bien décidées à effacer la lourde défaite du match aller (6-1), elles ont montré un tout autre visage devant leur public.

Dès l’entame, ce sont même les Parisiennes qui prennent le contrôle. Pendant près de vingt minutes, elles monopolisent le ballon, installent leur jeu et se procurent plusieurs situations dangereuses, notamment grâce à une Merveille Kanjinga très en vue, auteure d’un gros match. Malheureusement, contre le cours du jeu, Tabitha Chawinga ouvre le score à la 23e minute. Un coup dur, mais loin de faire vaciller Paris. Bien au contraire. Sakina Karchaoui décidait même de rassembler et de rassurer son groupe. Solides, solidaires et parfaitement organisées, les Rouge et Bleu restent concentrées. Défensivement, elles livrent une prestation remarquable, laissant très peu d’espaces aux Lyonnaises, principalement dangereuses sur coups de pied arrêtés.

Dans ce registre, Anaïs Ebayilin a encore impressionné. Dominatrice dans les duels, autoritaire dans ses interventions, elle a incarné l’état d’esprit combatif de tout un groupe, prêt à se battre jusqu’au bout. Comme annoncé par Paulo César avant la rencontre, le match s’est joué sur les transitions et la gestion de la profondeur. Face à la vitesse de Chawinga, Paris a souvent bien contenu les appels et le jeu lyonnais dans l’axe, preuve d’un vrai travail tactique en amont.

Une deuxième période sous pression mais maîtrisée Au retour des vestiaires, la tâche devient plus compliquée. La fatigue se fait sentir, et la profondeur de banc lyonnaise fait la différence. Quand l’OL peut faire entrer Ada Hegerberg ou Lindsey Heaps, Paris doit puiser dans ses ressources. Mais les Parisiennes ne craquent pas. Elles résistent, s’accrochent, défendent chaque ballon avec acharnement et parviennent à contenir les offensives adverses jusqu’au bout. Une preuve supplémentaire de la progression et l’abnégation collective. Paulo César ne cachait d’ailleurs pas sa satisfaction après la rencontre à notre micro : « J’étais à la recherche de cet équilibre. On adapte notre système en fonction de notre effectif et de la stratégie mise en place. On a vu qu’au match aller, on était très loin dans le marquage. Cette fois, on a créé des supériorités à l’intérieur du jeu avec Joe Echegini. On a mis les Lyonnaises en difficulté. Les filles ont répondu présentes dans les duels. La stratégie était bonne, malheureusement, on n’a pas réussi à marquer. »

Après la rencontre, la capitaine Sakina Karchaoui a parfaitement résumé l’état d’esprit du groupe : « On a montré un autre visage qu’au match aller. Notre travail a porté ses fruits. On a joué avec nos armes : la combativité et l’envie de gagner devant nos supporters. Si on a perdu, c’est qu’il nous manque encore des choses. On doit mieux gérer les contres et se créer plus d’occasions. » Des mots forts, lucides, qui montrent une équipe consciente de ses progrès, mais aussi de ses axes d’amélioration.

Une inquiétude autour de Griedge Mbock Seul vrai point noir de la soirée : la sortie en larmes de Griedge Mbock, touchée au genou. Paulo César s’est voulu prudent, mais selon L’Équipe, un ligament pourrait être touché. Un coup dur potentiel, d’autant plus après le départ d’Eva Gaetino cet hiver. Tout un club espère désormais un diagnostic rassurant. Un PSG combatif et séduisant Malgré la défaite, cette rencontre doit être un match référence pour les joueuses.

En 2026, elles montrent un tout autre visage : plus conquérant, plus serein, plus structuré, plus confiant. Paulo César l’a d’ailleurs souligné après la rencontre : « Nous avons manqué un peu de concentration. Sur l’une de leurs seules occasions, elles ont marqué. Il y a de la déception, ce n’est pas le résultat qu’on attendait, mais je suis quand même satisfait. Le contenu est important et je vois une grosse progression de mon équipe, qui a été très combative sur le terrain. C’est ce que nos supporters attendent, et moi aussi. Il faut continuer à travailler pour que ça paie à l’avenir. » Un discours lucide, à l’image de la prestation de son équipe. Les bases sont là. L’identité se construit. Le travail de Paulo César devient visible, tant sur le plan tactique que mental. Il faut maintenant confirmer, notamment face aux concurrents directs comme le Paris FC ou Nantes. Pas le temps de souffler : les Parisiennes enchaînent dès mercredi face à Thonon-Évian en quart de finale de la Coupe de la Ligue. Avec cet état d’esprit-là, tout reste possible.

Naomie pour ParisTeam