PSG 0-0 Oh Louvain : un naufrage européen et beaucoup de questions (analyse)

PSG 0-0 Oh Louvain : un naufrage européen et beaucoup de questions (analyse)
Publié le : 10/12/2025 - 17:35

C’est un échec cuisant, aussi douloureux que malheureusement prévisible, pour le groupe de Paulo César, éliminé de la Ligue des champions avant même son dernier match de phase de poules. Une sortie prématurée qui interroge profondément sur ce qu’est devenu le PSG Féminin dans le paysage du football français et européen. Ce club, encore demi-finaliste de la Ligue des champions en 2024, vient de vivre un véritable naufrage.

Un déclassement brutal, presque irréel. Avec un seul point pris et une élimination actée dès la 5e journée, le PSG signe tout simplement la pire campagne européenne de son histoire. On attendait une réaction d’orgueil, un grand match face à Leuven, au Parc des Princes, dans un contexte annoncé comme décisif. On espérait voir un groupe déterminé, porté par son public, prêt à tout donner pour sauver l’essentiel. Dans les intentions, les Parisiennes ont essayé. Dans la réalité, il faut être honnête : ce groupe n’a jamais été au niveau de la compétition. Et à vrai dire, ce constat n’a rien de surprenant au regard de l’effectif mis à disposition de Paulo César.

Dès l’été dernier, plusieurs supporters, observateurs et suiveurs de la section féminine avaient alerté sur un mercato inquiétant, trop léger pour un tel niveau d’exigence. Face au club belge, les Parisiennes se sont encore créé des occasions. Des situations intéressantes, même franches. Mais comme depuis le début de cette campagne européenne, elles ont péché dans la finition, incapables de concrétiser leurs temps forts. Leuven lui n’a jamais vraiment inquiété Paris, hormis sur un ou deux coups de pied arrêtés. Les meilleures opportunités sont venues de Yaya, Anaïs Ebayilin, Sakina Karchaoui, ou encore d’une tête de Griedge Mbock dans les toutes dernières secondes. Mais ce match a surtout été le symbole du manque d’impact offensif des attaquantes parisiennes. Romée Leuchter, sur qui le club comptait énormément pour mener l’attaque après le départ de Marie-Antoinette Katoto, n’a jamais pesé en Ligue des champions. Même constat pour Merveille Kanjinga. Deux joueuses performantes en championnat, mais qui montrent leurs limites dès que le niveau s’élève. Joe Echegini aussi a beaucoup de mal.

Le fossé européen, lui, ne pardonne pas. Plus globalement, trop de joueuses n’ont pas encore le niveau requis pour exister dans une compétition où l’efficacité est essentielle. Le groupe de Paulo César manque cruellement de maturité. Et la Ligue des Champions ne s’accommode ni de l’approximation, ni de l’apprentissage en accéléré. Les cadres n’ont pas non plus répondu présents. Griedge Mbock, Élisa De Almeida ou d’autres joueuses d’expérience ont connu de réelles difficultés et ont peiné à affirmer leur leadership. Seule Sakina Karchaoui est parvenue à sortir la tête de l’eau. Elle a assumé son rôle de leader, sur et en dehors du terrain, dans une équipe où l’autre joueuse la plus constante est… Anaïs Ebayilin, 17 ans. Un symbole fort, et révélateur. La jeune Titi incarne à elle seule la nouvelle politique sportive parisienne, davantage tournée vers la formation que vers l’ambition immédiate.

Dès lors, une question s’impose : quel est réellement le projet du PSG Féminin ? Oui, le club est en reconstruction. Mais reconstruction ne doit jamais être synonyme de renoncement et de manque d’ambition. Le PSG se doit d’avoir des exigences cohérentes avec son statut. Ne pas réussir à battre Leuven, un club qui découvre la compétition européenne, avec l’effectif actuel, n’est tout simplement pas acceptable. La capitaine Sakina Karchaoui l’a d’ailleurs reconnu avec une grande lucidité en zone presse : « C’est dur à encaisser. On est dernières au classement. Il faut être réalistes et lucides, et continuer à travailler. Oui, on est une équipe en reconstruction, mais on ne peut pas toujours se cacher derrière ça. Il faut simplement être plus efficaces. Maintenant, il reste d’autres compétitions à aller chercher. On ne doit pas lâcher. » Un discours fort, honnête et courageux, à l’image du rôle extrêmement lourd qu’elle porte cette saison.

Derrière cette élimination, les interrogations sont nombreuses. D’abord sur le niveau réel des joueuses dites d’expérience. Car si l’effectif s’est rajeuni, ce sont bien les cadres qui ont failli sur cette campagne européenne. Se cacher derrière la jeunesse serait trop facile. La réussite passe par un équilibre clair entre formation et performance, entre projection et résultats. Dans ce contexte lourd, Paulo César continue malgré tout d’afficher un discours bienveillant envers son groupe. Fier de ses joueuses, protecteur, humain. Le technicien découvrait lui aussi la Ligue des champions. Il apprend, il progresse, il se trompera encore. Mais il a quelque chose de précieux : du cœur. Son message publié sur Instagram au lendemain de l’élimination en est la preuve : « On ne tourne pas la page pour l’oublier. On la tourne pour écrire la suite. Et la suite, elle nous appartient. Demain, on se relève. Demain, on recommence. On reviendra. Plus fortes. Plus précises. Plus unies. » Un message fort, sincère, presque bouleversant, qui redonnera peut-être un peu d’espoir aux supporters, aujourd’hui meurtris.

Naomie pour Paristeam