OL 4-1 PSG : une finale qui a confirmée un fossé (analyse)
Le PSG s’est incliné lourdement face à l’OL, 4-1, dans une finale de Coupe de France où la puissance lyonnaise a fait la différence. Dès la première mi-temps, les joueuses de Jonatan Giraldez ont marqué trois buts, mettant le PSG à mal. Face à l’exigence lyonnaise, chaque approximation a été payée cash. Le premier but, inscrit par Melchie Dumornay, illustre parfaitement cette fragilité parisienne. Quatre joueuses du PSG se retrouvent au duel avec elle, mais sans suffisamment de tranchant ni d’agressivité pour empêcher l’attaquante haïtienne d’ouvrir le score.
Dès lors, les Parisiennes ont couru après le match, sans réellement parvenir à trouver les solutions offensives capables de relancer la rencontre. Pire encore, elles se sont totalement écroulées en quelques minutes, offrant pratiquement la finale aux Lyonnaises avant même la pause. À la mi-temps, le sentiment était déjà celui d’un match presque plié, tant le PSG semblait dépassé par l’intensité imposée par l’OL. Ce qui a surtout frappé, c’est ce manque d’agressivité, de mouvements et de hargne dans les duels. Dans une finale face à une équipe comme Lyon, il faut être capable de répondre au défi physique et mental, de faire mal à l’adversaire avant qu’il ne vous fasse mal.
Et sur cette première période, Paris a donné l’impression de ne jamais avoir pleinement pris conscience de l’importance de l’événement et du niveau d’exigence demandé dans ce type de rendez-vous. Il faut être lucide : cette saison, l’OL a démontré une régularité et une maturité qui font défaut au PSG. Les Parisiennes ont un effectif jeune, en construction, là où Lyon s’appuie sur des joueuses d’expérience, capables de sanctionner chaque erreur. Certes, en seconde période, le PSG a montré plus d’intensité, plus d’agressivité, avec des duels gagnés. Mais il n’y avait pas eu de miracle face à une équipe lyonnaise qui a su garder le contrôle.
Sur le plan offensif, on note malgré tout une évolution. Pour la première fois depuis longtemps, le PSG a réussi à se créer de véritables situations dangereuses face à Lyon. Le centre précis d’Olga Carmona pour Merveille Kanjinga, qui réduit le score, symbolise cette volonté parisienne d’attaquer avec plus de verticalité et de spontanéité. Des occasions, il y en a eu : la jeune La Fontaine s’est présentée seule face à Christiane Endler, la tête d’Elisa De Almeida a trouvé la barre transversale, tandis que Tara Elimbi Gilbert a obligé la gardienne lyonnaise à une intervention décisive. Paris a donc montré davantage de variété offensive que lors des précédentes confrontations face à l’OL. Mais ces séquences n’ont pas suffi et certaines limites interrogent encore.
Romée Leuchter, meilleure buteuse du PSG cette saison, n’a une nouvelle fois pas réussi à peser face à une opposition de très haut niveau. Déjà en Ligue des champions, l’attaquante avait eu énormément de difficultés à exister dans les grands rendez-vous, que ce soit dans le pressing, dans les duels ou dans sa capacité à conserver des ballons importants pour faire remonter le bloc. La question mérite donc d’être posée : son profil correspond-il réellement au jeu que souhaite mettre en place Paulo César ? Dans un système qui demande énormément de mobilité, d’intensité et de participation collective sans ballon, certaines lacunes apparaissent davantage face aux meilleures équipes européennes.
Alors certes, l’équipe a progressé au fil de la saison et tout n’est pas à jeter, surtout face à une des meilleures équipes du monde. Il ne faut pas non plus oublier d’où part ce groupe, construit dans un contexte délicat de reconstruction, avec un effectif rajeuni. Mais au PSG, est-ce réellement suffisant ? Peut-on se contenter d’une progression encourageante quand on représente un club aussi prestigieux, censé rayonner sur la scène internationale et lutter chaque saison pour les plus grands trophées ?
Le Paris Saint-Germain possède pourtant tous les outils, toutes les infrastructures et les ressources nécessaires pour bâtir un projet féminin à la hauteur de ses ambitions. Mais il faut aussi être honnête et lucide : malgré la reconstruction en cours, ce PSG reste encore très loin de répondre aux attentes, hormis peut-être du côté de la formation, symbole positif de la saison avec la victoire des U18 en Coupe Nike face au Le Havre AC Féminin en lever de rideau de cette finale. Le contraste est d’ailleurs cruel. Voir Lyon dominer aussi largement un PSG dont plusieurs anciennes joueuses composent aujourd’hui l’effectif lyonnais laisse forcément un goût amer. Plus inquiétant encore, ce sentiment d’écart grandissant entre les deux projets commence à user les supporters parisiens. Et si rien ne change rapidement dans l’ambition sportive donnée à cette section, beaucoup risquent progressivement de se détourner de cette équipe…
Naomie pour ParisTeam
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