MU 2-1 PSG : il est temps de regarder la réalité en face (analyse)

MU 2-1 PSG : il est temps de regarder la réalité en face (analyse)
Publié le : 13/11/2025 - 15:25

Des occasions, encore des occasions, mais toujours pas de finition. Voilà qui résume parfaitement le visage du PSG version Paulo César. Le contenu n’est pas catastrophique, loin de là : l’équipe propose parfois du jeu, des séquences maîtrisées, et quelques temps forts intéressants. Mais le constat est implacable : sans efficacité offensive, impossible d’espérer quoi que ce soit à ce niveau. Le PSG manque cruellement de talent offensif. Les départs importants de ces dernières saisons n’ont jamais été compensés, et le club en paie aujourd’hui le prix.

Romée Leuchter reste la seule véritable joueuse à posséder un sens du but affirmé, mais encore faut-il la servir dans de bonnes conditions. Rasheedat Ajibade n’a pas réussi à trouver la justesse dans ses centres côté droit, tandis que Sakina Karchaoui, plus positionnée dans le cœur du jeu que sur son aile, n’a délivré qu’un seul centre. Le manque de profondeur du secteur offensif est évident. Des jeunes comme Léa Morissaint ou encore Dorsin ne peuvent pas encore porter le poids de la Ligue des champions. Si le club veut des résultats, il doit impérativement recruter des joueuses expérimentées : la jeunesse ne peut pas tout assumer.

Les cadres, elles aussi, doivent se montrer davantage au rendez-vous. On ne peut pas exiger de la même manière une jeune joueuse en apprentissage et une internationale chevronnée, mais certaines prestations ne sont tout simplement pas au niveau attendu dans ce type de grands rendez-vous européens. Une remise en question s’impose. Dans ce contexte, la prestation d’Anaïs Ebayilin mérite d’être saluée. À seulement 17 ans, la milieu parisienne a été la seule à véritablement sortir du lot. Solide dans les duels, lucide dans ses relances, elle a récupéré un grand nombre de ballons et n’a pas hésité à se projeter vers l’avant. Elle aurait même pu marquer à Old Trafford sans une excellente intervention de la gardienne mancunienne. Ebayilin confirme match après match sa montée en puissance et incarne à merveille ce projet basé sur la jeunesse. La première période fut équilibrée.

Manchester United a frappé sur sa seule vraie occasion, grâce à Melvine Malard, qui a pris le dessus sur Griedge Mbock avant de battre Mary Earps d’une superbe frappe. Une nouvelle fois, la frustration domine côté parisien : cette équipe donne trop souvent l’impression que chaque offensive adverse finit au fond des filets. Manque d’agressivité, de concentration, d’anticipation… les erreurs s’enchaînent. Une large partie des buts encaissés en Ligue des champions sont évitables. Et si les trois derniers clean sheets en championnat laissaient penser à une progression défensive, le match d’hier a rappelé les limites d’une défense encore trop tendre face à des adversaires de haut niveau. Au milieu, seule Anaïs Ebayilin a surnagé. Joe Echegini, malgré un poteau trouvé en début de match, a été trop discrète — seulement 22 ballons touchés selon Sofascore. Son impact dans le jeu reste limité, tout comme celui de Jackie Groenen, en difficulté physiquement. Echegini possède un vrai potentiel, mais elle doit élever son niveau technique et son intensité pour peser davantage. Positionnée haut sur le terrain, elle devait alimenter les attaquantes, mais son manque d’expérience européenne s’est ressenti.

Malgré cette troisième défaite consécutive, il y a des signes de progrès dans le jeu parisien. Le contenu s’améliore, les idées sont plus claires, les mouvements offensifs plus fluides mais la finition reste un problème majeur. Les Parisiennes auraient mérité un point à Old Trafford, mais à ce niveau, le réalisme fait la différence. Paulo César et la direction sportive devront trouver des solutions rapidement, peut-être dès le mercato hivernal. Le projet est officiellement en reconstruction, la direction l’a rappelé. Mais même dans cette phase de transition, on est en droit d’attendre un minimum de résultats. Le PSG a longtemps été une référence européenne ; voir le club reculer sur la scène européenne depuis l’été 2024 est préoccupant. Un PSG sans ambition européenne, ce n’est pas le PSG. Enfin, il faut s’interroger sur la nature de cette reconstruction. Est-ce une conséquence d’objectifs manqués ? De recrutements mal ciblés ? D’un projet sportif instable ? Probablement un peu de tout.

Ces dernières années, le club n’a pas su conserver ses meilleures joueuses, et certaines arrivées sont loin des standards d’un club qui prône l’excellence. Peut-on bâtir sur des bases solides quand les mêmes décideurs, responsables des échecs récents, restent en place ? Pour retrouver sa place parmi les grands d’Europe, Paris doit se réinventer, avec une équipe dirigeante forte, compétente et animée par une véritable exigence sportive. Le PSG féminin doit redevenir le club qu’il a toujours voulu être : un symbole d’excellence, pas une équipe en transition permanente.

Naomie pour ParisTeam