Kvaratskhelia, c'est TA Coupe du Monde
Dans quelques mois, le débat autour du prochain Ballon d'Or va s'intensifier. Les statistiques seront disséquées, les trophées alignés, les performances comparées. Et dans cette discussion, un nom reviendra avec insistance : Ousmane Dembélé. Le Français a répondu présent lorsque son équipe en avait le plus besoin. Dans les grands rendez-vous, il a souvent fait la différence. Son influence dans les moments décisifs est incontestable et sa saison mérite d'être saluée. À l'heure actuelle, il apparaît comme un candidat crédible au podium final. Mais si l'on parle du joueur qui a le plus porté son équipe sur ses épaules tout au long de la campagne européenne, alors il est difficile de regarder ailleurs que Khvicha Kvaratskhelia. "Kvaradona". Le surnom peut sembler excessif pour certains. Pourtant, il résume parfaitement l'impression laissée par le Géorgien depuis de longs mois. Là où d'autres ont bénéficié d'effectifs profonds, de collectifs déjà installés ou d'une constellation de stars autour d'eux, Kvaratskhelia a souvent été le visage, l'âme et le moteur de son équipe. Son influence ne se résume pas à des buts ou à des passes décisives. Elle se mesure dans sa capacité à faire basculer un match, à créer le danger lorsqu'il n'existe pas, à attirer plusieurs défenseurs pour libérer des espaces, à maintenir son équipe en vie lorsque tout semble se compliquer.
Chaque parcours européen possède son héros. Cette saison, celui du PSG a souvent eu un accent géorgien. Dembélé a été brillant dans les grands moments. C'est vrai. Mais combien de rencontres ont été débloquées par les inspirations de Kvaratskhelia ? Combien de fois a-t-il porté le poids de la création offensive sur ses épaules ? Combien de fois a-t-il donné le sentiment que tout pouvait arriver dès qu'il touchait le ballon ? Le Ballon d'Or récompense officiellement les performances individuelles. Pourtant, au-delà des chiffres, il récompense aussi une empreinte laissée sur une saison. Une sensation. Un sentiment d'évidence. Et cette année, peu de joueurs ont autant marqué les esprits que le numéro 7 géorgien. Le paradoxe est cruel. Alors que les plus grandes stars auront l'occasion de confirmer leur statut lors de la prochaine Coupe du Monde, Kvaratskhelia ne pourra probablement pas profiter de cette exposition planétaire.
La Géorgie continue sa progression sur la scène internationale, mais elle ne dispose pas encore des ressources nécessaires pour rivaliser durablement avec les grandes nations du football mondial. Là où d'autres bénéficieront d'une vitrine exceptionnelle pour renforcer leur candidature individuelle, lui regardera sans doute le tournoi à distance. C'est injuste, presque frustrant. Car un joueur de cette dimension mérite une scène à la hauteur de son talent. Alors oui, Dembélé mérite les éloges. Oui, sa saison est exceptionnelle. Oui, il peut légitimement rêver d'une place tout en haut du classement. Mais si l'on cherche celui qui a incarné cette campagne européenne, celui qui a porté les siens lorsque les lumières étaient les plus vives, celui qui a fait naître le plus d'émotions chez les amoureux du football, alors une évidence s'impose. Cette année, la Coupe du Monde du football n'a pas encore commencé. Mais la Coupe du Monde des cœurs, des dribbles, des frissons et du talent brut, elle a déjà trouvé son vainqueur. Et son nom est Khvicha Kvaratskhelia.
Kamel Arab pour Paristeam.
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